«Quand je tape ton nom sur Google, je ne te trouve pas» : ce que deux thérapeutes nous apprennent de la visibilité en ligne

Lors d’un webinaire Mercipsy, nous avons passé une heure avec deux thérapeutes qui n'ont ni le même métier, ni le même territoire, ni la même façon de travailler : Marie, hypnothérapeute à Lille, reconvertie il y a trois ans (EMDR, PNL, sophrologie en cours, et bientôt une formation en préparation mentale des artistes et des sportifs), et Anaïs, psychologue et hypnothérapeute installée en Meuse.
Le point de départ était simple : comment on fait pour être trouvé ? Ce qui en est sorti est beaucoup plus concret — et parfois un peu brutal.
1. Le bouche-à-oreille fonctionne. Jusqu'à un certain point.
Anaïs le dit franchement : elle n'a jamais eu besoin de faire de la publicité. Elle exerce proche d'un pôle médical qui lui adresse naturellement des patients. Sa page Facebook existe, mais elle n'est pas optimisée. Sauf qu'elle souhaite développer son activité. Le conseil qui est ressorti de l'échange : même en visio, gardez une ville sur votre fiche internet afin d’être « localisable ». Viser une ville plus grande à proximité de votre lieu d’habitation par exemple.
2. Rassurer sur la visio, ça se travaille dans le discours
Une partie de la patientèle ne viendra pas en distanciel, c'est vrai. Mais bien moins qu'on ne le croit. La communication, ici, ce n'est pas le site internet : c'est ce que vous dites, en séance, à vos patients actuels. Expliquez-leur comment ça fonctionne. Marie en atteste : elle pratique l'EMDR et l'hypnose à distance sans difficulté.
3. Le test qui fait mal : tapez ce que taperait un patient
Voici le moment charnière du webinaire. On a tapé les noms des deux praticiennes dans Google. Ça sortait — plus ou moins. Puis quelqu'un a posé la vraie question :
« Si je suis un patient et que je cherche un psychologue en Meuse ou un hypnothérapeute à Lille, j'ai peu de chances de tomber sur vous. Parce que là, on a tapé vos nom et prénom. »
D’ailleurs, personne ne tape votre nom. Un patient tape « hypnothérapeute Lille » ou « psychologue Meuse ». Faites le test aujourd'hui, en navigation privée : si vous n'apparaissez pas dans les premiers résultats, votre visibilité n'existe pas pour les gens qui ne vous connaissent pas encore.
Le nom de votre fiche compte plus que vous ne le pensez
Marie avait nommé sa fiche « Marie Renault Aime Être » — le nom de son activité. Résultat : en tapant cette formulation, la fiche Google ne remontait pas correctement. La conclusion du groupe a été immédiate : mettez votre métier derrière votre prénom. Ce sont les mot que les gens tapent : « hypnothérapeute à Lille ». Le joli nom de marque, lui, ne fait pas le travail de référencement.
Vérifiez le chemin complet, pas juste l'apparition
Deuxième constat, tout aussi utile : sur la fiche Google pro d'Anaïs, le lien « prendre rendez-vous » renvoyait vers une plateforme qui bloquait. Le site web renvoyait sur Facebook. Le numéro, lui, était bien visible — et c'est d'ailleurs par là que les gens l'appellent. Faites le parcours en entier, comme un inconnu : je cherche → je trouve → je clique → je prends rendez-vous. Si ça casse quelque part, vous perdez les gens là, en silence.
4. Les avis Google : le sujet qui divise (et qui décide)
Là, la conversation est devenue chiffrée. Sur « psychologue Lille, les mieux notés » : il y a trois ans, la personne en tête de liste avait 60 avis environ. Aujourd'hui, plus de 80. Sur « hypnothérapeute Lille », la première est à 188 avis. Marie est à moitié moins. Le raisonnement partagé pendant l'échange : pour être crédible sur une requête locale, il faut se situer dans l'ordre de grandeur du peloton de tête. Pas forcément premier — mais pas à 20 avis au total quand le top est à 180 car le patient choisit le peloton, qu’on y croit ou pas.
Anaïs, elle, a exprimé une réserve qu'on entend beaucoup et qui mérite d'être posée :
« C'est comme quand on va chercher un resto. Ce n'est pas parce qu'il y en a un qui a énormément d'avis qu'il est meilleur que celui d'à côté, il est peut-être plus traditionnel, moins branché réseau. »
Elle a raison. Et pourtant, elle reconnaît elle-même entendre de plus en plus : « j'ai tapé psychologue en Meuse, vous êtes ressortie, vous avez des avis positifs, ça m'a donné envie. » Marie, de son côté, va voir sa propre thérapeute en l’ayant choisie sur Google : celle qui sort en première position justement. Les avis ne mesurent pas la qualité du soin. Ils mesurent la confiance possible avant la première rencontre. Dans un secteur où le patient ne sait pas comment juger un professionnel qu'il n'a jamais vu, c'est le seul signal dont il dispose. C'est inconfortable, mais c'est le terrain. Un point pratique : demandez à vos patients avec qui la relation est établie et en confiance, à vos confrères pour un avis professionnel croisé afin de savoir ce qu’ils pensent des avis et en quoi ça marche pour eux.
5. Google Ads : personne autour de la table n'a payé
Le sujet est venu, et le verdict a été prudent. La facturation se fait à l'affichage ou au clic — c'est-à-dire que dix personnes peuvent vous voir, ne pas vous appeler, et vous payer quand même. « Ça peut très vite chiffrer à 500 euros pour 15 jours. » Ni Marie ni Anaïs n'ont utilisé de service payant. Le référencement naturel, la fiche Google et les avis leur ont suffi. À méditer avant d'ouvrir le portefeuille.
6. Le détail qui coûte : la plaque
Petite pépite opérationnelle, offerte par Marie. Pour valider une fiche Google Business, Google demande parfois une vidéo de vérification. Elle a filmé son cabinet… et s'est fait invalider, uniquement parce que sa plaque avec prénom et nom n'était pas encore posée. Attendez d'avoir la plaque. Vous gagnerez un aller-retour.
7. Réseaux sociaux : choisir, pas tout faire
Marie est à fond sur Instagram : plus de 1000 abonnés. Mais elle est lucide sur ce que ça rapporte :
LinkedIn : des RH, des professionnels, du réseau. Pas forcément des patients.
Instagram : format très court, rythme soutenu, audience différente.
Vous pouvez être sur plusieurs plateformes, mais vous n'y parlerez pas de la même façon et vous n'y toucherez pas les mêmes personnes. Choisir une plateforme et la tenir vaut mieux que d'en tenir trois à moitié.
8. Doctolib, le plafond, et la newsletter
Franeilla, co-fondatrice de Mercipsy, raconte : trois ans de cabinet, 20 patients par semaine via Doctolib, pas de site internet à l’époque. « Vingt patients par semaine, c'est déjà un cabinet qui roule. » Mais elle sentait un plafond. C'est là qu'elle est allée chercher la visibilité en ligne. Autre levier qu'elle a mis en place et qui n'a rien à voir avec l'acquisition : une newsletter mensuelle envoyée à ses patients. Nouvelles du cabinet, changements d'horaires, suggestions de lectures — et l'annonce des prochaines séances de groupe. Ce n'est pas de la prospection, c'est de la communauté. Et ça remplit les groupes, ça solidifie l’engagement en thérapie individuelle.
9. Ce dont personne ne parle : la solitude
Le passage le plus sensible du webinaire n'était pas technique. Anaïs, pourtant intégrée dans un pôle médical, entourée de confrères, décrit ce sentiment : on fait partie d'une équipe, et on est quand même seule dans sa pratique. Sa collègue sophrologue n'est pas là aux mêmes horaires. Les échanges se volent entre deux portes. Marie le formule autrement : « Dans ton travail, tu es à côté les uns des autres, mais tu es seule dans ta pratique quand même. » Et c'est exactement là que les deux se rejoignent sur ce qu'elles attendent d'un outil comme Mercipsy : une communauté de psys libéraux.
10. Ce qu’on pense de Mercipsy
On a demandé les critiques d'abord. Elles sont venues : des soucis de connexion, un abonnement expiré qui bloque l'accès, des bugs qui ont empêché Anaïs d'exploiter le logiciel autant qu'elle l'aurait voulu. On les prend. Elles sont en cours de traitement.
Sur les forces, l'analyse de Marie — ancienne professionnelle de la communication — était nette :
« Votre force aujourd'hui, ce n'est pas tant l'outil, c'est l'accompagnement. L'envie de connecter. Il y a même dans votre logo ces quatre petites mains qui se rejoignent, quelqu'un qui vient rejoindre le groupe. Vous avez déjà cette notion de lien. »
Les demandes concrètes remontées :
Faire réseau entre thérapeutes qui utilisent le même outil : sessions régulières, forum thématique, rencontres en présentiel, événements en visio où les gens peuvent réellement se parler — pas un webinaire descendant où seuls les intervenants ont la parole.
Gérer les séances de groupe : créer un groupe, poser un créneau ouvert que des psys intéressées peuvent rejoindre, et facturer chacun individuellement.
Tout au même endroit : facturation, dossiers patients, annulations et remboursements, planning des séances d’intervision, orientation de patients entre psys, amélioration de la visibilité en ligne (seule ou en groupe). Dès que les outils sont éparpillés, ça devient une prise de tête.
De l'humain derrière. Savoir qu'on ne parle pas qu'à une intelligence artificielle quand quelque chose casse.
Ce qu'on retient
Testez la requête « [votre métier] + [votre ville] », pas votre nom.
Mettez votre métier dans le nom de votre fiche Google.
Parcourez le chemin complet jusqu'à la prise de rendez-vous. Réparez ce qui casse.
Regardez le nombre d'avis du top 3 de votre ville. C'est votre repère.
Demandez des avis. Personne ne le fait à votre place.
Notez une adresse postale localisable, même si vous travaillez uniquement en visio.
Une plateforme type Mercipsy vaut mieux qu’être seule à gérer son cabinet.
Allez chercher le lien via Mercipsy mais aussi ailleurs (médecins de proximité).
Et pour finir, la phrase qui a clos la session : on parle de trois à cinq ans pour construire une vraie stabilité. Et encore, elle n'est jamais totale. Ça prend du temps. On continue.
Merci à Marie et à Anaïs pour leur franchise. Si vous souhaitez participer à un prochain échange Mercipsy, écrivez-nous ! C’était un moment super.